Les critiques plus ou moins voilées à Mme Royal au sein du PS

7 05 2007

dessin par Michaelski. Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn (debat2007.fr)

La candidate défaite Ségolène Royal veut s’inscrire dans l’avenir de son parti. Durant son discours, elle est apparue (ou s’est forcé de) souriante bien que battue. Elle semble vouloir s’afficher en future leader de l’opposition mais, peut-être, elle devra s’opposer à Dominique Strauss-Kahn qui veut réformer le PS vers la social-démocratie et à Laurent Fabius qui affiche sa volonté d’ancrer le parti plus à gauche. Tous deux semblent attribuer implicitement la défaite à la candidate.

Quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas (…) J’assumerai la responsabilité qui m’incombe désormais, je continue avec vous“, a-t-elle dit à ses électeurs.

De toute réponse, Dominique Strauss-Kahn, ancien candidat à l’investiture socialiste, a réagi sur l’antenne de TF1 et sur Europe1 au score de la candidate socialiste. “C’est une très grave défaite pour la gauche”, c’est la “troisième fois consécutive que les socialistes perdent l’élection présidentielle.” Il a dit porter un jugement “sévère” sur “le fonctionnement du Parti socialiste depuis cinq ans”, sous la direction de François Hollande, en affirmant que le PS “n’avait pas su faire une gauche moderne”.

François Hollande, quant à lui, a concédé “des erreurs” de la part des socialistes. Il y a forcément là une leçon à tirer, a-t-il dit mais il a aussi souligné qu’il n’est pas le temps de régler les comptes au sein des socialistes. « Tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat UMP doivent maintenant se mobiliser pour les élections législatives” etl’urgence commande au rassemblement, à l’unité, a-t-il insisté.

Plusieurs dirigeants du PS ont lancé des critiques plus ou moins voilées contre la direction du parti et Ségolène Royal.

L’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius  qui se situe à la gauche du parti a, lui, estimé que, dimanche soir, “le drapeau de la gauche était à terre” et qu’il  “fallait le relever”. Le député PS de Seine-Maritime a avancé des “raisons multiples” à la défaite. “Nous n’avons pas convaincu suffisamment que notre candidate pouvait être chef de l’Etat”, a-t-il estimé. M. Fabius a jugé “indispensable qu’on ait une gauche qui se rassemble et qui redonne de l’espoir” et “qui n’hésite pas sur sa stratégie” lors des prochaines législatives, dont la campagne devra être menée “collégialement”, a-t-il insisté.

Après le référendum du 29 mai sur l’Europe et le CPE, la droite était les deux genoux à terre“, a souligné Pascal Cherki (gauche du PS), adjoint au maire de Paris. Le pays était contre le libéralisme et se retrouve aujourd’hui avec un président qui a un programme libéral“, a-t-il ajouté. Pour autant que les questions européennes n’ont pas joué un rôle fondamental sur le choix du vote, qui est resté centré sur la politique intérieure.

Mais, encore, c’est Dominique Strauss-Kahn qui va plus loin et qui met en évidence le manque de clarté du Parti socialiste sur plusieurs questions, dont les retraites, le nucléaire, et la protection de l’économie française.

Quand au bout du compte on n’est pas clair sur ce qu’on dit aux Français, les Français ne peuvent pas nous suivre“, a déclaré l’ancien ministre de l’Economie sur Europe 1.

Nous parlons aux Français des retraites mais nous ne leur disons pas exactement ce que nous voulons faire parce que nous n’osons pas aller jusqu’au bout de la difficulté du problème“, a-t-il expliqué.

Nous parlons aux Français du nucléaire mais nous ne sommes pas clairs sur le sujet. Nous parlons aux Français du protectionnisme et de la TVA aux frontières mais comme au sein du PS toutes les positions existent, eh bien nous ne sommes pas clairs non plus“, a ajouté Dominique Strauss-Kahn.

Moi, je juge favorablement les critiques de DSK et probablement, face a face à Sarkozy en étant le candidat de la gauche, l’ancien ministre de l’Economie aurait pu gagner le pari. D’accord, c’est vrai que Bayrou est allé loin et que sans le rapprochement de Mme Royal aux centristes, elle n’aurait pas recueilli le 40% des électeurs de l’UDF, qui se sont enfin divisés par égalité entre les deux candidats au deuxième tour. (Mais, avant l’on pensait qu’on en auraient eu de plus pour Ségo que ceux qui ont choisi Sarko..) Mais la question à mon avis est que Mme Royal a trop changé de discours en fonction des circonstances, trop démago, pas de chiffres, pas de données, pas de ligne directrice claire. Au contraire, N.Sarkozy a été limpide dans ses propos et ses engagements, avec une bonne rigueur concernant les sujets liés aux problèmes économiques et le débat du 2 mai n’a fait que renforcer cet écart. Je ne veux pas faire de l’accréditation rétrospective car je m’étais exprimé de cette façon au lendemain du débat télévisé.

Ségolène Royal http://www.desirsdavenir.org

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